Depuis qu'il a lancé son Pacte écologique, le 7 novembre, quelque 500 000 personnes l'ont signé. A l'exception d'Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, la plupart des principaux candidats à l'élection présidentielle se sont également engagés en apportant des réponses relativement détaillées (Le Monde daté 21-22 janvier). L'écologie est devenue un thème récurrent dans les discours politiques et l'une des préoccupations principales des Français.
En décidant de "suspendre" son action politique, Nicolas Hulot est en phase avec plusieurs sondages sortis ces derniers jours. Le dernier en date, une enquête de l'IFOP pour Le Journal du dimanche du21 janvier, réalisée les 18 et 19 janvier (auprès d'un échantillon représentatif de 961 personnes choisies selon la méthode des quotas), indiquait que 58 % des personnes interrogées n'étaient pas favorables à sa candidature.
Sa décision, Nicolas Hulot a eu beaucoup de difficultés à la prendre. Depuis une semaine, il s'était retranché dans son fief, près de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour réfléchir, au calme, en famille. Enchaînant les balades en bord de mer avec son chien, pesant, chaque jour, le pour et le contre, il n'a définitivement tranché qu'il y a deux ou trois jours.
Jusqu'à la fin, l'animateur de TF1 a donc demandé à son entourage de se préparer aux deux hypothèses. D'un côté, sa fondation, sur laquelle il s'est appuyé jusqu'à présent, a dû envisager le cas où il continuerait son lobbying à ses côtés. De l'autre, une équipe indépendante, dirigée par Gérard Feldzer, directeur du Musée de l'air et de l'espace, a travaillé d'arrache-pied pendant trois mois pour préparer tous les aspects pratiques d'une candidature, au cas où.
En se retirant de la course à l'élection présidentielle, Nicolas Hulot soulage les représentants de l'écologie politique extrêmement inquiets pour leur avenir, ces derniers jours. "Le combat médiatique [de Nicolas Hulot] pourrait rapidement se transformer en une entreprise de destruction du travail militant de trente ans", avait considéré, le 12 janvier, Corinne Lepage, présidente de Cap 21. Seul Antoine Waechter, le candidat à la présidentielle du Mouvement écologiste indépendant (MEI), s'était déclaré, le 16 janvier "tout à fait" prêt à s'effacer si l'animateur de TF1 décidait d'entrer en lice.
Dominique Voynet, qui a toujours déconseillé à Nicolas Hulot de se présenter, respire donc. Jusqu'à présent, les sondages ne lui ont pas accordé plus de 2 % d'intentions de vote. Or selon l'enquête IFOP du 21 janvier, la candidate des Verts a été considérée, en prenant l'hypothèse d'un retrait de Nicolas Hulot, comme la plus apte "à faire des propositions pour protéger l'environnement", par 18 % des personnes interrogées. Cela pourrait-il être le début d'un appel d'air en sa faveur ? Les cadres de l'association France nature environnement, réunis ce week-end, ont en tout cas fait savoir à Nicolas Hulot qu'il n'aurait pas leur soutien, leur préférence allant aux Verts, "qui ont porté et fait avancer les valeurs écolos depuis des années", selon les termes de Sébastien Genest, président de l'association.
Le retrait de Nicolas Hulot devrait aider les Verts à calmer leurs dissensions internes. Alors que les sondages prêtaient à l'animateur de TF1 plus de 10 % d'intentions de vote, plusieurs députés européens Verts, dont Jean-Luc Bennahmias, avaient plaidé en faveur de sa candidature.
Dans une moindre mesure, la décision de Nicolas Hulot soulage Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, inquiets d'un éparpillement des voix face à la montée du Front national. En fin de semaine, le candidat UMP a téléphoné à l'animateur de TF1, tandis que la candidate socialiste lui a directement demandé un entretien, dimanche 21 janvier au soir.
Bien qu'il renonce à se présenter, l'animateur de TF1 ne va pas pour autant disparaître du paysage médiatique. "Jusqu'au-boutiste" mais pas naïf, il entend continuer son lobbying. Notamment via la création d'un observatoire de la vie politique, sous tutelle de sa fondation.
Le 31 janvier, une cérémonie au Musée des arts premiers, à Paris, est prévue avec les candidats signataires du Pacte écologique et des personnes tirées au sort parmi les 500 000 signataires anonymes. Les candidats sont invités à présenter les mesures qu'ils comptent prendre en cas d'élection.
les 2 et 3 février, Nicolas Hulot doit aussi participer, aux côtés d'Hubert Védrine (PS) et d'Alain Juppé (UMP), à une grande conférence internationale sur l'environnement organisée, à Paris, par Jacques Chirac.
le monde
Hulot n'est pas candidat et ne soutiendra personne
Paru le lundi 22 janvier 2007, dans la rubrique { Les Verts }!!!!!!! | rss
/http%3A%2F%2Feur.news1.yimg.com%2Feur.yimg.com%2Fxp%2Fafpji%2F20070122%2F070122145813.pny0053q0_nicolat-hulot-lors-de-sa-conference-de-presse--le-b.jpg)
??L'animateur écologiste Nicolas Hulot, 51 ans, a annoncé lundi qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle et ne soutiendrait aucun autre candidat, tout en assurant vouloir maintenir l'environnement au coeur de la campagne. Se félicitant de "l'incroyable et formidable dynamique" déclenchée par son "pacte écologique", signé par plus de 500.000 personnes et vendu à 200.000 exemplaires depuis début novembre, ???l'animateur vedette d'Ushuaïa a ainsi mis fin, trois mois pile avant le premier tour, au suspense qu'il entretenait depuis l'été.
"J'ai décidé de suspendre mon ingérence politique", a déclaré Nicolas Hulot, crédité de 11% d'intentions de vote dans un sondage du 4 janvier, mais avec 59% de personnes souhaitant qu'il ne se présente pas, selon une enquête publiée dimanche. "Dès lors que je n'ai pas franchi la ligne rouge et que je conserve l'indépendance qui m'est indispensable pour continuer à mobiliser l'ensemble des acteurs (...), je ne soutiendrai personne dans cette campagne présidentielle", a ajouté le créateur de l'émission Ushuaïa.
Mettant en garde contre une "tragédie globale" climatique et environnementale, il a assuré avoir pris sa décision dans le seul but de "trouver ce qui pourrait être le plus utile à long terme à la cause que nous défendons".
Première raison évoquée, l'engagement sur son "pacte" des principaux candidats à la présidentielle, principale condition qu'il posait pour ne pas se lancer dans la course à l'Elysée.
"J'ai choisi de faire confiance à la parole des candidats", a-t-il souligné, tout en exprimant par la suite ses craintes que son retrait ne fasse "s'étioler" ces engagements.
Le pacte propose notamment la création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable et l'instauration d'une "taxe carbone" sur les émissions de gaz à effet de serre.
Les principaux candidats l'ont signé et les deux favoris, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ont réaffirmé lundi leurs engagements après l'annonce de Nicolas Hulot, le premier assurant qu'il tiendrait "scrupuleusement" ses engagements et la deuxième que le combat de ??l'animateur "doit se poursuivre".
M. Hulot a également invoqué "une question d'honnêteté vis-à-vis des militants écologistes" dont il a salué le travail de terrain, alors que la perspective de sa candidature avait secoué l'écologie politique traditionnelle, dont se réclament au moins trois candidats à la présidentielle.
La majorité des écologistes s'étaient prononcés contre sa candidature, mais trois députés européens Verts avaient souhaité que leur parti se range derrière lui pour capitaliser sur sa popularité, la candidate des Verts, Dominique Voynet, plafonnant à 2% dans les sondages.
Mme Voynet a estimé d'ailleurs que la décision de Hulot, qui "force le respect" au vu de ses sondages, rendait "plus simple" sa propre candidature.
?L'animateur a enfin justifié son retrait en se disant "convaincu qu'en restant à l'écart des jeux du pouvoir, l'élan du pacte va se transformer en véritable lobby des consciences".
Mais il a pris soin de préciser qu'afin de maintenir l'environnement au coeur de la campagne, y compris pour les législatives, il allait créer "un observatoire permanent pour analyser les propositions à venir" et veiller "au respect des propositions déjà formulées".
Et d'inviter les prétendants à l'Elysée à "formaliser leurs engagements" sur son "pacte" le 31 janvier à Paris, en assurant avoir déjà l'accord
le blog dordogne nicolas hulot
Comité de soutien à Nicolas Hulot http://echo-logique.blogspot.com/