Site des musiciens occitans du Périgord (Dordogne France) HYSOPE groupe de musiciens occitans du Périgord Norbert Pasquet et Guy Beylat sont les membres fondateurs D'hysope, en 1980 depuis hysope, se produit, en Dordogne, aquitaine, France Louisiane.....ect radio/france : radio bleu, France musique, FR3, fr2, M6 Radio-Louisiane, plusieurs tv de Louisiane, RTBF de BELGIQUE
LA MUSIQUE DITE CAJUN
Dans l'histoire de la communauté cadienne il y a trois évènements majeurs. D'abord la déportation, l'exil et l'arrivée en Louisiane. Ensuite la Guerre
de Sécession, et enfin la Deuxième Guerre Mondiale. Avec l'entrée des Etats-Unis dans la guerre en 1941, la population mâle de tout le pays y compris de la Louisiane était partie dans l'armée.
Tous les jeunes hommes en bonne santé de 18 à 35 ans sont partis pendant les quatre années de la guerre. Beaucoup d'entre eux n'avaient jamais quitté les confins de leur paroisse. Plusieurs ne
parlaient pas l'anglais. Ils sont revenus en Louisiane avec une identité nouvelle, renforcée par leur expérience. Ils étaient fiers d'être Américains, et leur culture était irréversiblement
changée. Ils partageaient avec les Américains le goût des « Big Bands ». Mais il y avait un courant qui coulait sous la surface, et ce courant allait monter à la surface d'une façon éclatante
créant ainsi l'âge d'or de la musique cadienne.
Les Cadiens qui sont partis à la guerre, au moins ceux qui en sont revenus, étaient encore jeunes. Après les années de guerre, ils avaient le goût de s'amuser, de danser, de courtiser. Ce désire
de divertissement a contribué directement au phénomène des salles de danse. Avant la guerre, les danses se tenaient chez un particulier. Une invitation était lancée dans toute la communauté. Les
traditions d'hospitalité engageaient l'hôte à accueillir tous ceux et celles qui se présentaient. La musique et la bouffe étaient offertes par l'hôte bien que la plupart des invités arrivaient
avec un plat. Dans une des chambres, on installait les bébés sous la garde des veilles femmes qui leur chantaient des berceuses, d'où le nom « Fais do-do ». Après la guerre, toutefois, les bals
de maison ont été abandonnés en faveur des salles de danse commerciales. On construisait des bâtiments qui servaient uniquement aux danses. On vendait de la boisson, et l'accès au plancher de
danse, au moins pour les hommes, était payant. C'était un phénomène accessible uniquement aux adultes. Il y avait une scène (band-stand) consacrée aux musiciens au bout du plancher de danse, avec
des tables de chaque côté pour les clients. Ces salles de danses, qui se trouvaient un peu partout sur la prairie (La Poussière, The Triangle Club, The China Ball Club, Hick's Wagon Wheel) ont
contribué à faire de la musique cadienne une institution. Il n'y avait pas de village où l'on ne pouvait pas trouver une salle de bal, du moins le vendredi et le samedi soir.
Les salles de danses ont créé beaucoup de travail pour les musiciens. Les orchestres de fortune des bals de maison ont cédé la place aux orchestres professionnels de l'après-guerre. La formation
musicale a évolué aussi. Il y avait l'accordéon bien sûr, et un ou parfois deux violons, mais à cette formation de base, on ajoutait la batterie, la basse électrique et le peddle steel guitare.
Cet instrument typique des orchestres country est devenu ubiquitaire dans les orchestres cadiens. Jouant au moins deux fois par semaine et souvent bien plus, les orchestres de l'époque ont défini
un nouveau style plus sophistiqué : Lawrence Walker, Blackie Forestier, Ambrose Thibodeaux, Jimmy C. Newman, Larry Brasseux, Belton Richard et Aldus Roger jouissaient d'une popularité
exceptionnelle. Ce dernier, avec ses Lafayette Playboys, était connu de tout le monde grâce à son émission de télévision. Les postes de radio, KSIG à Crowley, et KROF à Abbeville diffusaient la
musique à partir des années 50, mais c'était avec l'émission d'Aldus Roger, diffusée sur les ondes de KLFY-TV que la musique cadienne est rentrée dans l'ère moderne. Diffusée le dimanche matin,
cette émission était la bande sonore de ma jeunesse. Chaque dimanche quand la famille se réunissait chez ma grande mère, Aldus Roger jouait à la télévision, jouant avec brio l'accordéon
diatonique qu'il a emmené à un niveau supérieur. Mais celui qui allait avoir la plus grande influence ne jouait pas à la télévision, ni à la radio. En fait, il avait de la difficulté à trouver
des engagements. Presque aveugle, Ira Lejeune allait mourir tragiquement à l'âge de 27 ans laissant derrière lui une famille nécessiteuse et les plus belles chansons de la tradition de danse
cadienne.
La vie d'Ira Lejeune était le modèle classique de la vie de bluesman. Effectivement aveugle, portant des lunettes épaisses comme un fond de bouteille, il ne pouvait accomplir aucun travail
manuel. Dans une société rurale où le métier de musicien professionnel est associé à des périodes fastes où l'on est obligé de faire autre chose pour nourrir sa famille, Ira Lejeune ne pouvait
que jouer de la musique. Son orchestre n'était pas parmi les plus populaires, peut-être à cause de son allure étrange, avec ses grosses lunettes sur le nez. Il jouait assis au contraire de tous
ses confrères, qui, eux, jouaient debout. J'ai souvent entendu qu'il jouait « trop vite » et que sa musique était difficile à danser. Il a enregistré 24 chansons, la plupart chez lui dans la
cuisine, qui sont le coeur du répertoire classique cadien. Il était, à lui seul, responsable de la résurgence de l'accordéon. En 1948 sa chanson La Valse du Pont d'Amour était un succès
phénoménal. Cette chanson, plus que toute autre, a donné à la tradition ses lettres de noblesse. Une nuit en rentrant après un bal, la voiture dans laquelle lui et son groupe voyageaient a eu un
pneu crevé sur la Hiway13 entre Eunice et Crowley. Ira se promenait dans le chemin pendant qu'on réparait le pneu. Il n'a jamais vu la voiture qu'il l'a frappé. Quand on est arrivé à l'hôpital,
il était déjà mort. Il avait 27 ans.
Deux ans après la sortie de La Valse du Pont d'Amour, un autre 78 tour a bouleversé le monde de la musique en Louisiane. La chanson s'appelait Ma Tee Fee (Ma Petite Fille) et l'artiste s'appelait
Clifton Chenier. Clifton allait à lui tout seul créer un genre musical connu aujourd'hui comme le Zydeco. En 1950, il travaillait à Houston comme journalier et c'est là qu'il a rencontré
Lightning Hopkins. Jusqu'alors, ignorant du blues, cette rencontre était pour Clifton une épiphanie. Retournant en Louisiane, il a abandonné l'accordéon diatonique de son père pour apprendre
l'accordéon chromatique, ce qui lui a permis de jouer les trois accords du blues classique. Clifton a également modernisé l'orchestre, ajoutant batterie, basse électrique, et saxophone. La
musique de Clifton s'approchait davantage de celle des noirs américains, mais elle gardait toujours sa couleur unique, grâce à l'accordéon et aux rythmes typiques. Son frère Cleveland a modifié
le frottoir à laver, créant ainsi l'instrument de percussion des orchestres de Zydeco moderne, le rub-board. Grâce à Clifton Chenier le Zydeco a pris une tournure urbaine, plus proche du blues,
mais la racine est restée la même. C'est Amédé Ardoin, cousin de Bois-Sec qui a eu le plus d'influence sur Clifton. C'est peut-être surprenant, vu l'écart aujourd'hui entre la musique cadienne et
le Zydeco, mais une des plus grandes influences sur Ira Lejeune était ce même Amédé Ardoin.
Bien que le Zydeco et la musique cadienne (Cajun music) soient aujourd'hui deux styles distincts, ils partagent la même racine et sortent de ce même bouillon de culture qui se trouvait sur la
prairie des Attakapas au début du 20e siècle. Quand j'écoute Amédé Ardoin, un Créole noir, et Amédé Breaux, un Cadien blanc, je peux difficilement faire la différence. Les influences
s'entrecroisaient sans cesse et toutes les communautés ethniques ont eu leur part d'influence dans la création du style. Mais avec la Deuxième Guerre Mondiale, les deux styles, la musique Cajun
et le Zydeco sont arrivés à une fourche. L'isolement de la communauté était à tout jamais brisé, et les influences venues de l'extérieur étaient forcément différentes pour les Cadiens et pour les
Créoles . L'inclusion de la batterie dans les orchestres avait une influence déterminante sur l'évolution des deux styles. Les Créoles et les Cadiens concevaient le rythme de deux façons
différentes. L'instrumentation des orchestres allait aussi prendre deux cours différents, les blancs attirés par la musique country et les noirs par le blues.
Bien que la musique cadienne et le Zydeco soient aujourd'hui deux styles distincts, si l'on remonte jusqu'au début, on se rend bien compte qu'ils ne sont que deux branches du même arbre. Ce n'est
qu'à partir des années 1950 que les styles ont commencés à se distinguer l'un à l'autre. Par contre si l'on écoute la musique française de la Louisiane des années 1930 et 1940, on voit clairement
que la musique des Cadiens et la musique des Créoles noirs ont poussé de la même racine.
07 mars 2008 information zachary Richard
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