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LA MUSETTE

Vendredi 14 juillet 2006

Avalanche Compagnie

 

Bienvenue sur le site "Musette"

 

 

 

Si le terme musette désigne actuellement surtout un style d'accordéon et des bals d'une autre génération, ce mot est, à l'origine, synonyme de cornemuse. C'est sous ce nom, par exemple, que la cornemuse obtient ses lettres de noblesse aux XVIIème et XVIIIème siècle, c'est sous ce nom également que l'évoque George Sand dans les "Maîtres sonneurs".

 

 

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Fresque de l'église de Blassac XIVème

 

 

Ce site vous propose plusieurs pages sur la cornemuse, son histoire, ses représentations etc... Nous vous proposons un historique, un inventaire des figurations de l'instrument dans les bandes dessinées, une rubrique collections, des photos de St-Chartier et d'autres festivals, une page sur l'apprentissage de la cornemuse, des infos hebdomadaires, des chroniques de CD, DVD, livres etc......
C'est également le site de l'association lorraine
Avalanche et de son groupe de cornemuseux.

 

 

Tous droits réservés sur dessins, textes, photographies etc....

 

 


version du 11/08/2006) : 429 pages, 3437 images originales (+ imagettes, environ 195 Mo au total)

 

Par norbert pasquet
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Jeudi 2 novembre 2006

 

Fréquences d’apparition des bourdons d’épaule, sur le cornemuses, au Moyen-âge

 

 

Catherine et Jean-Luc Matte

 

 

Exposé présenté au colloque de Gijon en octobre 1992, publié dans l'Annuario de la Gaita

 

Le but de ce petit article est d'exposer un exemple très simple d'exploitation statistique d'un corpus de documents iconographiques, ceci afin de vous montrer que l'on peut déjà obtenir des résultats avec des méthodes très simples mais aussi et surtout pour montrer le type de cheminement qui conduit de telles recherches.

Les photos qui illustrent cette page sont tirées des fiches photos de l'inventaire présent sur ce site.

 

Introduction : un seul type de cornemuse au moyen-âge ?

Notre point de départ est constitué par cette phrase que l'on lit et entend si souvent : "L'archétype de la cornemuse au moyen-âge est l'instrument muni d'un sac, d'un hautbois, d'un porte-vent et d'un bourdon d'épaule". Manipulant fréquemment des représentations médiévales de l'instrument, cette affirmation ne me semblait pas très réaliste et j'ai essayé de voir ce qu'il en était réellement en utilisant la méthode statistique la plus simple : le comptage.

J'ai, de plus, pensé que si l'image de la cornemuse à bourdon d'épaule était si bien enracinée dans notre esprit c'est peut-être parce qu'elle était majoritairement représentée dans les scènes de l'annonce aux bergers, celles-ci pouvant faire figure d'images stéréotypées de l'instrument. J'ai donc compté distinctement les scènes du type annonce aux bergers et le reste (autres manuscrits, fresques, sculptures etc...).

 


Eglise de Moutiers (fin XIIIème débuty XIVème, cliché J.L. Matte)

 

Premier comptage

J'ai tout d'abord travaillé sur un échantillon de 143 documents des XIV et XVème siècles (il est important de préciser que cet échantillon n'a pas été sélectionné spécialement à cet intention) et voici le résultat :

 

Annonces aux bergers

53% sans bourdon

Autres

28% sans bourdon

 

 

 

Globalement 34% (un tiers) des cornemuses représentées n'ont pas de bourdon d'épaule. C'est un premier résultat qui permet de dire pour l'instant que notre phrase de départ "L'archétype ...." néglige l'existence d'un tiers des représentations pour le XIV et le XVème siècle et d'autre part que contrairement à ce qu'il m'avait semblé (1), les annonces aux bergers présentent proportionnellement beaucoup plus de cornemuses sans bourdon que les autres. Nous y reviendrons.

 

Comptage sur le XIVème siècle uniquement

En effectuant le comptage, mon échantillon étant classé chronologiquement, j'ai constaté que la situation n'était pas stable dans le temps. J'ai donc extrait de mes résultats les chiffres ne concernant que le XIVème siècle (soit 57 représentations)

voici le résultat :

 

Annonces aux bergers

80 % sans bourdon

Autres

40 % sans bourdon

 

 

 

Nous constatons globalement que le pourcentage des cornemuses sans bourdon d'épaule (51%) est quasi identique à celui des cornemuses avec bourdon d'épaule. Le pourcentage est toujours double pour les nativités par rapport aux autres représentations.

 


Eglise de Blassac (XIVème, cliché J.L. Matte)

 

Comptage sur le XIIIème siècle uniquement

Poursuivant dans cette voie, voyons ce qu'il en est au XIIIème siècle en effectuant le même comptage sur 56 représentations de cette époque : globalement 87% des représentations présentent des cornemuses sans bourdons. Les 13% restant sont constitués de 7 représentations dont il faudrait d'ailleurs vérifier précisément la datation. Aucune annonce aux bergers de notre échantillon ne représente de cornemuse à un bourdon d'épaule (2).

La figure suivante présente les résultats précédents sous forme d'histogrammes et montre l'évolution de la représentation de l'instrument.

 

 

 

 


Cathédrale de Bayonne (XIIIème, cliché F. Schneider)

 

 

Comptage sur un autre échantillon du XIVème siècle

Afin de vérifier la constance des résultats, j'ai effectué un comptage similaire sur un deuxième échantillon de représentations du XIVème siècle, dont la majeure partie est constituée de documents que m'a communiqués Fritz Schneider. Les résultats sont les suivants :

 

 

Annonces aux bergers

78 % sans bourdon

Autres

52 % sans bourdon

:

 

 

 

Globalement les résultats sont proches et confirment les conclusions que nous venons de tirer sur la représentation de l'instrument à l'époque considérée. Toutefois il m'a semblé intéressant d'essayer d'expliquer la différence de pourcentage sur les représentations autres que les annonces aux bergers (40 à 52%)

 

Comptage en fonction des types de scènes

J'ai donc essayé d'isoler une nouvelle grande catégorie de représentations : les grotesques, c'est à dire toutes les représentations des marges des manuscrits.

Le décompte de ces grotesques m'a permis de constater tout d'abord que leur proportion était identique dans les deux échantillons du XIVème : 31 et 30%. Signalons d'ailleurs pour information que les annonces aux bergers représentent 12% de l'échantillon du XIIIème siècle, 26 et 20% des échantillons du XIVème et 20% de l'échantillon du XVème. Ces pourcentages sont indiqués à titre indicatif et ne sont pas représentatifs de l'ensemble des représentations de l'époque : en effet certains types de représentations nous sont mieux parvenus ou sont davantage publiés et ont donc eu plus de chance de figurer dans nos échantillons. Enfin nous avons toujours tendance à chercher les cornemuses là ou nous pensons avoir le plus de probabilités d'en trouver (scènes de la nativité, marges etc...).

 

 

Notons ensuite que les grotesques disparaissent presque complètement de notre échantillon du XVème siècle. Le graphique correspondant n'apporte donc rien de nouveau sur ce point.

Par contre le graphique relatif au XIIIème siècle nous montre que tout comme les annonces aux bergers, les grotesques ne sont, à une exception près, jamais représentés avec des cornemuses à un bourdon d'épaule. Une explication simple pourrait être que ces documents sont tous des manuscrits bien datés par opposition aux sept représentations diverses avec bourdon d'épaule dont la datation pourrait être erronée.

Voyons maintenant nos deux échantillons du XIVème siècle qui ont motivé cette analyse supplémentaire : les pourcentages respectifs de grotesques avec cornemuses sans bourdon sont de 67 et 76 % ce qui n'explique pas l'écart constaté, celui-ci étant maintenant encore plus grand sur le reste des représentations (respectivement 24 et 38%) mais le nombre des représentations prises en compte diminuant rapidement lorsque l'on subdivise l'échantillon, nous ne pousserons pas plus loin la recherche dans ce sens pour l'instant.

Revenons plutôt sur les pourcentages globalement constatés au XIVème siècle : de 67 à 80% des annonces aux bergers et grotesques représentent des cornemuses sans bourdon alors que ce pourcentage descend à un tiers (24 et 38%) pour le reste des représentations. Voyons de quoi ce compose ce reste : il s'agit essentiellement de sculptures (bois et pierre), de vitraux, et d'enluminures représentant diverses scènes. Il est possible que dans ce dernier cas, les représentations soient plus fidèles à la réalité de l'époque et que dans le cas des grotesques et des annonces aux bergers, le caractère plus conventionnel du sujet ait incité les artistes à garder des modèles plus conventionnels. Il y aurait donc un décalage dans le temps entre grotesques et annonces aux bergers d'une part représentant par habitude des instruments sans bourdon et les autres représentations parmi lesquelles les instruments plus modernes, c'est-à-dire avec bourdon d'épaule sont majoritairement figurés. Ce phénomène s’estomperait au XVème siècle compte tenu de l’éloignement de l’apparition du bourdon d’épaule (le pourcentage de représentations de cornemuses sans bourdon n’est alors plus que légèrement supérieur pour les scènes de la nativité).

 

Conclusions

Si cette explication s'avérait exacte elle montrerait à quel point il est nécessaire de dissocier les conclusions auxquelles ont peut arriver sur les représentations d'une part et sur la réalité musicale de l'époque considérée d'autre part. Quant à notre sujet de départ c'est-à-dire "est-ce que la cornemuse à un bourdon d'épaule constitue vraiment l'archétype de la cornemuse médiévale ?", nous pouvons dire que même si les pourcentages présentés ci-dessus sont faussés par une certaine routine dans la représentation de cornemuses sans bourdon comme nous l'avons avancé, il n'en reste pas moins vrai que la présence de ces cornemuses est loin d'être négligeable au XIVème siècle encore.

Par ailleurs la présence sur certains documents de cornemuses avec et sans bourdon d'épaule prouve l'existence simultanée des deux types d'instruments à une même époque et à un même endroit.

Sur ce même thème du soi-disant archétype de la cornemuse médiévale à un bourdon d'épaule, bien d'autres arguments pourraient être développés : existence de différents autres types d'instruments (à second tuyau parallèle au hautbois, percé ou non dans la même pièce de bois par exemple) ou bien encore variété importante à l'intérieur même de cette famille des instruments à un bourdon d'épaule qui interdit toute réduction à un seul grand type d'instrument.

 

(1) ce qui prouve que même en ayant manipulé bon nombre de représentations, les conclusions intuitives auxquelles on peut aboutir peuvent être erronées. Il est donc indispensable d'utiliser des méthodes comme celle-ci pour remettre les choses à leur juste place. retour

(2) Fritz Schneider a publié (actes du colloque de Strakonice 1990, repris par Per Ulf Allmo in "Säckpipen in Norden") un graphique allant dans le même sens. retour


 


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Par norbert pasquet
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Dimanche 10 décembre 2006
 
     
 

Pour lire les articles du Catalogue de l'Exposition :

Souffler c'est Jouer. Chabretaires et Cornemuses à miroirs en Limousin (Modal Editions / CRMTL, 1999)

cliquez ici

Pour voir les cornemuses à miroirs du Limousin cliquez ici :
 
 
Lorsque Eric Montbel, tout jeune joueur de cornemuse, s'est intéressé aux cornemuses à miroirs du Limousin, les "chabretas", il a effectué de longues recherches de terrain en Limousin et ailleurs et découvert de très nombreux instruments anciens. Il a donné à ces instruments un nouveau style et de nouveaux répertoires. Avec deux amis luthiers, Thierry Boisvert et Claude Girard, il a contribué à la renaissance de ces cornemuses. Voici quelques informations utiles sur les cornemuses à miroirs du Limousin.

Les" Chabretas" sont des cornemuses jouées et fabriquées autour de Limoges. On rencontrait de nombreux joueurs de cornemuse en Limousin au XIXème siècle: en Haute-Vienne, en Corrèze, en Dordogne, la cornemuse se nomme "chabreta", et celui qui l'utilise "chabretaire", dans cette langue d'oc parlée par tous jusqu'à la guerre de 1914. Les cornemuses jouées en Limousin furent très diverses : les plus récentes, d'importation auvergnate ou bourbonnaises, venaient du nord et du sud. Mais une cornemuse particulière fut longtemps fabriquée et jouée en Limousin: c'est elle que l'on nomme aujourd'hui"chabreta", ou "chabrette" par francisation, et c'est elle que fait entendre ces enregistrements.

Cornemuses à miroirs, car leur boîtier est toujours très décoré avec des petits miroirs sertis à l'étain, qui donnent à l'instrument sa beauté, son mystère. L'étrangeté de ces décorations évoque tout autant les symboles anciens d'une culture oubliée, que les signes de la religion catholique, plus proche de nous: ostensoirs, coeurs et étoiles, soleils...Tout l'instrument est du reste recouvert de signes tracés à l'acide et à la potasse: car les pièces de buis se prètent à ces décors d'artisan: le hautbois et son pavillon, les bourdons, le porte-vent ou le boîtier sont ainsi décorés de serpentins, de cercles, de points tracés ou gravés, de spirales qui ajoutent encore au mystère des miroirs. Certaines chabrettes anciennes portent de lourdes chaînes, qui rappellent des chapelets ou des bijoux. Chaque pièce de bois est renforcée par de nombreuses bagues d'étain, d'os, de corne noires et blondes. La poche elle-même est souvent recouverte d'une "robe" ou d'un "costume" comme disent les chabretaires, de velours, de soie ou de coton aux couleurs choisies: bref tout l'instrument est conçu et présenté comme une chose à voir autant qu'à entendre, dans une sorte de féminisation de l'objet, presque bijou, plus tout-à-fait instrument de musique. Cette curieuse propension des "chabretas" à transcender le rôle musical permet de les voir comme des icônes populaires, puissantes dans leur charge d'étrangeté et leur force sémantique, où tout fait sens, les matières, les formes, les décors, les sons et les systèmes musicaux.

De la musique des chabrettes, celle que l'on entendait aux XVIIIème, au XIXème siècle, nous savons peu de choses: les chabretaires sont morts avant la guerre de 1914, et les trois musiciens exceptionnels que j'ai rencontrés portaient seuls tout le souvenir d'un continent musical englouti: Camillou Gavinet, André Pangaud, Louis Jarraud qui m'ont tant appris. Car ils parlaient d'une époque enfuie où les cornemuses résonnaient partout: Camillou Gavinet de Chateau-Chervix, chabretaire, petit-fils de chabretaire et fabricant de chabreta, André Pangaud de Limoges, chabretaire, petit-fils de chabretaire, Louis Jarraud de La Croisille, chabretaire, neveu de chabretaire...faisaient revivre tous ces musiciens qui croisèrent leur jeunesse et dont quelques mélodies furent transmises: Pradeau dit "Lo Jai", Bazuel de Chateau-Chervix, Lo Becat de Jumilhac, Denis, Béjard, Faurilloux de Limoges, Chabrely de Luchat, Buisson, Lauret de St-Yrieix-la-Perche...la musique ainsi transmise possède les caractères communs aux cornemuses d'Europe occidentale, telles qu'on les rencontre en Gallice, en Languedoc, en Vendée, en Ecosse, en Flandres tout comme en Berry, Bresse, Basse-Auvergne ou Bourbonnais: des systèmes musicaux où le bourdon est omniprésent, bourdon sur lequel se développent des mélodies à caractère modal. Mélodies parfois anciennes, conçues dans cette esthétique particulière qui est celle des musiques à bourdon; mélodies parfois plus récentes, mélodies héritées d'un système tonal moderne, et "modalisées" par les musiciens populaires: valses, polkas, etc...Mais les chabretas du Limousin laissent entrevoir d'autres possibilités: leur échelle mélodique est presqu'entièrement chromatique, et permet donc des variations de mode à l'intérieur d'une même pièce musicale: tierces mineures ou majeures notamment. Le travail sur le son, par doigtés couverts et glissés, hérités des jeux de "cabrette" d'Auvergne, et par modification de la colonne d'air, offre une expressivité dont dispose peu de cornemuses occidentales. L'effet de "plainte" est obtenu en bouchant partiellement le pavillon du hautbois avec le genou droit, technique qui était utilisée par Camillou Gavinet et qu'il avait observé chez plusieurs chabretaires dans son enfance. La chabreta est dotée d'une anche double en roseau à ligature métallique pour le hautbois, d'anches en sureau pour les bourdons: il en résulte une douceur de son qui se prète à des répertoires mélodiques et chantants, pleins d'expressivité parfois pathétique. Ce que les vieux chabretaires exprimaient par les termes "faï planher", fais plaindre ou gémir, ou "faï darda", c'est-à-dire fais briller, darder, éblouir: dans tous les cas une affaire de chanson, de lumière et de brillance qui renvoie aux mystères esthétiques de l'objet et de ses miroirs, de ses symboles para-musicaux comme de sa musique symbolique. Tout un répertoire crypto-religieux fut du reste transmis avec l'instrument: cantiques, noëls, chants de quête, chants de la Passion. Mais à ces répertoires de chabretas, essentiellement recueillis en Haute-Vienne, entre Limoges et St-Yrieix-la-Perche, il m'a semblé intéressant d'ajouter des répertoires entendus eux aussi en Limousin, mais plus au sud: en Corrèze, dans les Monédières, auprès de joueurs de violon encore en activité dans les années 1980: Julien Chastagnols de Chaumeil, Léon Peyrat de Saint-Salvadour, Michel Péchadre d'Ussel mais originaire de l'Artense...La filiation mélodique et stylistique me semble encore évidente à l'écoute des enregistrements effectués dans ces années-là, même si rien ne permet d'affirmer que ces airs furent un jour joués à la chabreta: mais qu'importe? Ils le sont aujourd'hui, et ouvrent des possibilités magnifiques aux cornemuses du Limousin: par exemple cette sous-tonique variable, descendue à un ton presqu'entier par doigté, comme le font les violonaires de Corrèze et d'Auvergne; ce jeu de fioritures particulièrement riche et complexe, avec rappel de bourdon; ce travail de son, par l'emploi alternatif du vibrato ou des notes jouées "sèches"; ce répertoire enfin, ou les "borrèias", les bourrées ternaires se taillent une place royale. J'ai choisi ici de ne jouer que des bourrées, des cantiques et quelques mélodies lentes: parceque la beauté mélodique des bourrées anciennes est celle qui me touche le plus, parceque le "swing" et le "groove" de ces musiciens d'un autre âge me semble incroyablement moderne et séduisant pour nos générations, parceque cela s'apparente au blues rural et à l'universalité de son expression.

La chabreta est une cornemuse dotée d'un hautbois et de deux bourdons: le gros bourdon repose sur le bras du musicien, il est accordé une octave en-dessous du petit bourdon, c'est-à-dire deux octaves en-dessous de la tonique du hautbois.
Le gros bourdon est composé de plusieurs segments, le premier étant percé de trois tuyaux parallèles reliés, permettant d'obtenir une tonalité grave pour un encombrement réduit. Les chabretas sont généralement des cornemuses de tonalités aigues, comme les deux instruments en SIB entendus ici. Mais il existe des chabretas beaucoup plus graves, que l'on nomme alors des "chabras" en langue d'oc : la chevrette, la chèvre. Le hautbois présente cette originalité de possèder une petite clef double, articulée par le petit doigt, qui permet de jouer la note la plus grave. Cette clef est protégée par un barillet de corne ou d'os, comme sur les hautbois de la Renaissance. Le hautbois se termine par un pavillon en cloche, souvent creusé intérieurement, qui permet d'accentuer l'effet de "résonateur" bouché avec le genou. Le boîtier de la "chabreta" est recouvert de nombreux miroirs décoratifs, qui contribuent à un effet de religiosité séduisant: les motifs d'ostensoirs, de soleils, de tetramorphes, de croix et de signes empruntés au vocabulaire de la Contre-Réforme permettent d'imaginer une utilisation de ces cornemuses par des Confrèries au XVIIIème siècle à Limoges. Les fabricants populaires du Limousin ont reconduit d'âge en âge ces décors sans en percevoir tout le sens religieux, mais en reconnaissant-là un"sens" général qui serait celui du Sacré, de l'étrangeté du signe, de la poésie d'un signifiant dont on a perdu le message: miroirs, étain, chaînes. Cette esthétique d'inspiration religieuse s'ajoute aux traits particuliers de la culture populaire, présents sur les cornemuse depuis fort longtemps: matières animales, de chèvre surtout, telles que peau, corne, os, matière végétales comme le buis, le prûnier, le cerisier, le sureau. Les noms que les musiciens donnent aux pièces de l'instrument portent la mémoire longue de cet héritage populaire ou l'animal est humanisé: la "tête" pour le boîtier, la "langue" pour l'anche, la "peau" pour la poche, le "pied" pour le hautbois...Ainsi les chabrettes du Limousin montrent-elles une superposition, ou plutôt une stratification, de sens et de signes renvoyant à des âges successifs de l'histoire des mentalités. Et la beauté de ces objets doit beaucoup à cette fusion d'esthétiques où un homme a réuni dans un même objet d'art le souvenir de gestes et de styles qui furent ceux d'autres hommes, porteurs d'autres messages.
Chabretas : L'exposition. En 1999, Eric Montbel a dirigé aux côtés de Florence Gétreau et de Thierry Boisvert l'exposition "Souffler c'est jouer: chabretaires et cornemuses à miroirs en Limousin", présentée au Musée National des ATP de Paris et à St Yrieix la Perche (87). 70 cornemuses à miroirs ont été montrées pour la première fois. Le très beau catalogue de cette exposition est disponible auprès du CMTRA et de la FAMDT (Modal Editions).
Chabretas : Le disque. Eric Montbel a enregistré pour Al Sur un disque consacré au répertoire et au style particulier de cette cornemuse ancienne du Limousin. "Chabretas, les cornemuses à miroirs du Limousin" Al Sur ALCD 156.

Commander : cliquez ici


Le Chabretaire Buisson de St-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne)



Le Chabretaire Doussaud de Pompadour au concours de Juillac (1905) en Corrèze



Le Chabretaire Veretou de Jumilhac (Dordogne)

Eric jouant une chabreta fabriquée à Limoges au début du XIXème siècle


 

 

 

 

     
     
Par norbert pasquet
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Lundi 11 décembre 2006
j'ai le bouquin : Souffler c'est jouer. Il est absolument super
un travail énorme sur cette cornemuse bien de chez nous
qu'est la chabreta.Un exemplaire de chabreta dite périgourdine
est conservé au Musée du Périgord à Périgueux
elle y dort depuis plus de 150 ans
beaucoup de monde s'y est intéressé car elle est très particulière
les deux bourdons sont à l'unisson,notamment.
vraiment ,l'histoire de cet instrument est passionnante .

Par norbert pasquet
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Lundi 1 janvier 2007

FR3
Par norbert pasquet
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Mercredi 21 février 2007
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Samedi 31 mars 2007
Par norbert pasquet
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Dimanche 29 avril 2007

Par norbert pasquet
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Dimanche 29 avril 2007
 
 
 
 
 
 
 
Cornemuses
Par norbert pasquet
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Dimanche 13 mai 2007
Par norbert pasquet
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